La CGT ne peut passer sous silence les événements climatiques majeurs de cet été : fortes chaleurs, sécheresses et incendies d’une ampleur exceptionnelle, dont les conséquences humaines, environnementales et économiques ont été considérables.
Ces phénomènes, qui se répètent et s’intensifient, ne peuvent plus être considérés comme exceptionnels. Scientifiques et météorologues alertent depuis de nombreuses années sur la répétition et l’intensification de ces phénomènes.
Climat : anticiper plutôt que subir
Notre entreprise se doit d’anticiper les conséquences du changement climatique en mettant en place, dès aujourd’hui, des mesures concrètes afin de protéger les salariés et d’assurer la continuité de l’activité par :
- la climatisation et/ou la mise en place de systèmes de rafraîchissement adaptés dans tous les bâtiments, en particulier dans les secteurs où les conditions de travail peuvent devenir incompatibles avec la santé et la sécurité des salariés.
- l’anticipation des horaires de déplacements des salariés, des transports et approvisionnements entre sites,
- la mise en place du télétravail dans tous les secteurs où cela est possible,
Il n’est plus acceptable d’attendre qu’une situation de crise survienne pour rechercher des solutions dans l’urgence. La protection des salariés doit être une priorité.
Activité partielle : la CGT dénonce une décision unilatérale
Cet été, les incendies ont détruit sur notre territoire plus de 115 000 hectares de forêt (42 000 hectares dans le seul département de la Gironde), entraînant l’évacuation de plus de 220 000 personnes et ayant notamment conduit à la fermeture temporaire des établissements de Mérignac et de Martignas.
Vous avez décidé unilatéralement de recourir à l’activité partielle en déposant un dossier début août auprès de l’Etat, tout en maintenant la totalité de la rémunération des salariés concernés. Cette décision fait l’objet d’une information-consultation aujourd’hui dans le cadre d’un CSE extraordinaire dans les établissements de Mérignac et de Martignas.
La CGT considère par ailleurs qu’au regard du nombre limité de salariés et des capacités financières de notre Société, celle-ci aurait dû assumer directement le coût de cette situation exceptionnelle plutôt que de solliciter un dispositif financé majoritairement par la collectivité.
L’activité partielle est financée par des fonds publics et constitue une solidarité collective indispensable lorsqu’une entreprise ne dispose pas de moyens de supporter seule une situation exceptionnelle.
Certaines petites et moyennes entreprises, ayant parfois quasiment tout perdu et disposant de très peu de trésorerie, doivent constituer la priorité et le cœur de cible des aides de l’Etat, afin de préserver leur activité et de soutenir durablement leur économie productive.
Dassault Aviation dispose d’une trésorerie de l’ordre de 10 milliards d’€ dans laquelle les dirigeants puisent notamment pour financer le rachat de leurs propres actions (183,57 millions d’€ en 2025 et au mois de mai l’Assemblée Générale a autorisé un rachat possible d’actions pour un plafond supérieur à 3,1 milliards d’€).
La CGT considère qu’un groupe qui fait le choix de consacrer, depuis plusieurs années, plusieurs centaines de millions d’€ au rachat de ses actions dispose de moyens nécessaires pour prendre en charge quelques jours d’activité interrompue à la suite d’une catastrophe exceptionnelle.
La solidarité nationale doit avant tout permettre de protéger ceux qui ne disposent pas des moyens de faire face seuls aux conséquences d’un événement exceptionnel. Elle ne doit pas devenir un mécanisme permettant à des entreprises disposant de plusieurs milliards d’€ de trésorerie de préserver leurs résultats en faisant prendre en charge par la collectivité une partie de leurs coûts.
C’est toute la différence entre ce qui est juridiquement possible et ce qui est socialement et moralement acceptable.
Avant de rendre un avis par un vote, nous devons disposer d’informations précises et vérifiables sur la situation réelle de l’entreprise pendant la période concernée, ainsi que les éléments qui ont été déclarés à l’administration.
Nous devons notamment savoir précisément qui a réellement été privé d’activité, qui a travaillé et combien d’heures sont concernées.
La communication de l’ensemble de ces éléments aurait dû intervenir en amont de la réunion afin de permettre aux Organisations Syndicales d’examiner les documents et de rendre un avis pleinement éclairé.
La CGT demande donc la communication précise des éléments suivants :
- le nombre exact de salariés qui étaient initialement programmés sur la période de fermeture,
- le détail de l’ensemble des salariés ayant travaillé sur site, ceux mis en télétravail ainsi que ceux ayant participé aux opérations de transfert,
- l’identification des salariés qui seraient venus récupérer leur matériel informatique, avec la précision des jours concernés, alors même que des restrictions et des interdictions de circulation avaient été mis en place par les autorités,
- l’identification des salariés qui, alors qu’ils étaient en congés, auraient été rappelés et mobilisés,
- le détail avec les fonctions des salariés concernés par l’activité partielle ainsi que le nombre exact d’heures chômées pour chacun et pour chaque journée concernée,
- la confirmation qu’aucune heure réellement travaillée n’a été déclarée comme heure chômée,
- la communication de la demande d’activité partielle déposée auprès de l’administration, de son accusé de réception et, si elle existe déjà, de la décision de l’administration.
Ces informations constituent un préalable indispensable à la réflexion des élus des Organisations Syndicales et conditionnent leur capacité à rendre un avis éclairé.
La CGT considère que l’argent public doit prioritairement bénéficier à ceux qui en ont réellement besoin. Les entreprises qui disposent d’importantes réserves financières doivent, elles aussi, prendre leur part dans la prise en charge des conséquences des évènements exceptionnels auxquels elles sont confrontées.
Avant tout vote, nous demandons que l’ensemble de ces éléments soit communiqué aux représentants du personnel afin que chacun puisse apprécier objectivement la réalité de la situation et se prononcer en toute connaissance de cause.


