Défendre notre temps et protéger notre santé, une nécessité sociale, humaine et sanitaire.
Le cadre légal
C’est pour répondre à cette réalité que le droit à la déconnexion a été introduit par la loi Travail du 08 août 2016.
Il figure désormais à l’article L.2242-17 du Code du travail, qui prévoit la négociation de dispositifs permettant de garantir le respect des temps de repos, des congés ainsi que de la vie personnelle et familiale des salariés.
Droit fondamental
Le temps de repos n’est pas un privilège car derrière le droit à la déconnexion se cache une question essentielle : celle du respect du temps.
C’est un droit fondamental construit par des décennies de luttes sociales : les congés payés, les week-ends, les temps de récupération.
Les jours de repos existent pour permettre aux salariés de se reposer, de vivre leur vie familiale, associative ou personnelle, et non pour rester en attente d’une sollicitation professionnelle.
Un salarié qui n’est pas au travail n’a pas à rester disponible en permanence pour son employeur.
Santé au travail
La question ne s’arrête pas au respect du temps personnel. L’hyperconnexion est également devenue un véritable enjeu de santé au travail. Lorsque les sollicitations se multiplient en dehors des horaires habituels, les salariés ne parviennent plus à couper réellement avec leur activité professionnelle.
Le cerveau reste mobilisé, la récupération devient difficile et la charge mentale s’accumule. A terme, cette situation peut favoriser l’apparition de troubles du sommeil, de fatigue chronique, de stress, d’anxiété ou d’épuisement professionnel. Les risques psychosociaux (RPS) trouvent souvent leur origine dans cette impossibilité de déconnecter réellement du travail.
Obligation légale
L’INRS rappelle que le droit à la déconnexion constitue un levier de prévention permettant de préserver la santé physique et mentale des travailleurs.
L’article L.4121-1 du Code du travail lui impose de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés.
Cela ne concerne pas uniquement les accidents du travail ou les risques matériels, mais également les organisations du travail susceptibles de générer du stress ou une surcharge mentale. La responsabilité de l’employeur est clairement engagée.
Une approche globale, pas seulement technique
La CGT refuse de réduire le débat à une simple question d’outils numériques. Le problème n’est pas uniquement le mail ou le message (sms, réseaux sociaux : WhatsApp, etc…) envoyé en soirée ou reçu le week-end.
Ces comportements sont souvent la conséquence d’une organisation du travail dégradée : effectifs insuffisants, surcharge d’activité, objectifs irréalistes, manque d’anticipation ou pression managériale permanente.
Lorsqu’un salarié est obligé de traiter son travail sur son temps personnel pour parvenir à remplir ses missions, le véritable problème est celui de la charge de travail et des moyens mis à disposition.
C’est pourquoi la CGT défend une approche globale véritablement du droit à la déconnexion. Il ne s’agit pas seulement de limiter les messages et mails hors horaires.
La direction nous doit une organisation du travail respectueuse de la santé et le droit effectif de profiter pleinement de son temps de repos.
Parce qu’au fond, le droit à la déconnexion poursuit un double objectif : permettre aux salariés de récupérer leur temps et préserver leur santé.
Dans un monde où tout va toujours plus vite, savoir se déconnecter n’est pas un luxe. C’est une nécessité sociale, humaine et sanitaire.
Le droit à la déconnexion, c’est le droit de ne pas travailler gratuitement sur son temps personnel et le droit de protéger sa santé.
N’hésitez pas à contacter les élus CGT si vous êtes en situation d’hyperconnexion, si vous êtes en surcharge de travail, si vous êtes en sous effectifs au regard de la charge de travail, si vos conditions de travail sont dégradées, si vos temps de repos ne sont pas respectés.


