Déclaration des élus CGT au CSE CSE extraordinaire du jeudi 7 mai 2026



« Monsieur Theret, 

Depuis septembre 2025, les élus CGT vous alertent sur les conséquences de la désorganisation du service Aménagement Rafale. Cela a conduit à une enquête portant sur les risques psychos sociaux qui n’a, à ce jour, pas apporté d’améliorations réelle. Concrètement, depuis des mois la situation continue de se dégrader.

Les élus CGT dénoncent aujourd’hui une situation qui n’est plus seulement alarmante, mais devenue scandaleuse. Les témoignages que nous avons recueillis la semaine dernière au sein du service Rafale Aménagement Électrique dessinent le portrait d’une entreprise qui écrase ses salariés sous le poids d’une organisation défaillante. En tant qu’architecte personnel de cette organisation, vous portez, M. Theret, vous et vous seul, la responsabilité directe de la situation.

Vous avez instauré et maintenu un système reposant sur trois piliers toxiques :

 

1. Une faillite organisationnelle

Le travail dans nos ateliers est devenu une aberration quotidienne. Les choix d’organisation imposent aux compagnons de monter et démonter les mêmes pièces jusqu’à sept fois d’affilée.

Cette organisation ne relève pas d’un simple dysfonctionnement technique : elle résulte de décisions prises et maintenues au niveau de la direction. Elle détruit le sens du métier et use les salariés.

 

2. Une pression de la direction et un climat anxiogène

La pression exercée au quotidien par la direction sur le management de proximité et les agents de maîtrise est directement relayée sur les équipes.

Dans ce contexte, les alertes des salariés ne sont pas traitées à la hauteur de leur gravité. La souffrance est renvoyée à de simples « faiblesses individuelles », entrainant un refus de prise en compte de la réalité du terrain.

Sous la pression quotidienne du directeur, les agents de maîtrise comme les salariés n’osent plus s’exprimer librement sur la désorganisation du travail et sur le mal-être engendré.

 

3. Le mépris des conditions de travail de base

Il est indigne de contraindre des professionnels à travailler dans des conditions de “bricolage” faute de matériel. Au service Électrique, le manque de moyens (une seule caisse à outils pour quatre salariés)  et l’indigence logistique placent les salariés dans une insécurité permanente.

Ces carences relèvent de la responsabilité de la direction, qui a l’obligation de garantir les moyens nécessaires à l’exécution du travail. Aujourd’hui, les salariés en subissent directement les conséquences sans que des mesures correctives aient été mises en place.

Monsieur Theret, nous ne sommes plus au stade de la « situation provisoire due à une montée en cadence » comme vous l’expliquiez il y a quelques mois. Il s’agit plutôt d’une dégradation profonde des conditions de travail, directement liée aux choix d’organisation maintenus malgré les alertes répétées.

Les décisions prises et la pression exercée sur les équipes traduisent une priorité constante donnée aux objectifs de livraison des avions, au détriment des conditions de travail et du facteur humain.

Vos interventions quotidiennes sur les chaînes de production illustrent cette orientation, centrée sur les cadences de fabrication plutôt que sur la prise en compte des alertes et des conditions réelles de travail.

En tant qu’employeur, vous êtes pourtant responsable de la santé et de la sécurité des salariés au titre de l’article L4121-1 du Code du travail. Cette responsabilité est engagée au regard de la situation actuelle.

Les élus du CSE demandent aujourd’hui la mise en place de mesures concrètes, vérifiables, pour protéger la santé physique et mentale des salariés. »

 


 

Compte rendu rapide de cette réunion faisant suite à l’alerte

« Danger Grave et Imminent » effectuée lundi 4 mai 2026

Cette réunion a permis de faire un point précis sur les causes du mal-être subi par les salariés de certains secteurs, principalement à l’aménagement Rafale, et plus particulièrement au câblage Rafale. Pour la CGT, l’organisation mise en place par Emmanuel Theret, directeur du site, est clairement en cause.

En exerçant une pression quotidienne énorme dans les secteurs pour augmenter des cadences de production, celui-ci force toutes les équipes à passer sous silence la dégradation des conditions de travail. La reprise à Safran (ex-Labinal) d’une partie de l’activité câblage Rafale est pourtant complètement improvisée.  Dans un contexte de montée en cadence inédit, l’intégration de dizaines de salariés fraichement embauchés, complètement inexpérimentés et livrés à eux-mêmes, rend la situation humaine explosive pour tous.

Agents de maitrise et compagnons sont livrés à eux-mêmes, avec pour seule consigne de sortir les avions « coûte que coûte » ! C’est inacceptable. Dépressions, crise de larmes ou mal-être ne doivent pas avoir leur place chez Dassault, les moyens sont là pour faire autrement !

Pour la CGT, la situation est claire : Theret est le seul et unique responsable. Après des mois d’alerte, il refuse toujours de reconnaitre sa responsabilité et continue de considérer les salariés en difficulté comme des « problématiques individuelles » ! Theret doit partir. Nous demandons à la direction générale de prendre les mesures qui s’imposent.

 


 

Cergy, lundi 11 mai 2026


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