Une réunion du CSEC s’est tenue mardi 10 février 2026 à St Cloud, en présence
de Valérie Guillemet (DRH), Éric Trappier (PDG) et Loïk Segalen (PDG adjoint).
Ce premier CSEC de l’année débute par le traditionnel « film promotionnel »
retraçant les évènements 2025 de l’entreprise. Tout y passe pour promouvoir
l’entreprise : navette spatiale « Vortex », Falcon anti-feu, carburants durables,…
Au fil des ans, nous constatons le retour d’une « com’ » à grande échelle, tournée
à l’attention de la presse et du grand public, tel que le faisait Marcel Dassault dans
les années 70 !
…et comme dans les années 70 cette diversion permet surtout de faire oublier le
fait que notre entreprise, alimentée par les conflits mondiaux, est de nouveau
principalement tournée vers le business de la guerre ! Nos usines tournent à plein
régime, au grand bénéfice des actionnaires, héritiers de Marcel Dassault, rentiers
depuis maintenant deux générations. Les années passent mais rien ne change !
Contexte économique :
Le PDG est longuement intervenu pour décortiquer un contexte économique actuel
marqué par une forte instabilité. « L’après-Rafale » est au centre des discussions.
L’arrêt du programme SCAF (projet franco-allemand de Système de Combat
Aérien du Futur), que plus personne ne semble soutenir hormis un certain
Emmanuel Macron, sonnera le démarrage d’un « Plan B », mais dans cette attente
toutes les études sont gelées.
Plan de charge et effectifs « Fabrication » :
La charge de travail sur le Rafale assure près de 10 ans d’activité pour nos usines.
Le seul « bémol » se situe à Seclin : en raison d’une montée en cadence effectuée
trop rapidement, le site se retrouve en légère sous-activité. Pour pallier cette
situation, la charge des 3 prochaines années sera lissée.
Pour répondre au carnet de commande, les embauches continueront à bon rythme
en 2026 : +27 à Biarritz, +22 à Argonay, +51 à Cergy et +10 à Poitiers. Les
remplacements des départs en retraites s’ajoutent donc à ces hausses d’effectifs,
pour un total prévu dépassant donc 200 embauches.
Les objectifs de recrutement étant atteints pour les autres établissements, leurs
effectifs resteront stables.
Plan de charge et effectifs « Etudes » :
L’avenir incertain des « programmes militaires du futur » (SCAF, eurodrone,
UCAV, Rafale standard F5,…) et la fin des études des derniers modèles Falcon,
amène la direction générale à stopper des embauches. Monsieur Trappier va même
plus loin et annonce qu’il laisse désormais « filer temporairement les effectifs »
(pas de remplacement des départs en retraites, et procèdera à des mobilités en
interne).Réorganisation de la Direction Générale Technique (DGT) :
La direction générale annonce une grande réorganisation interne de DGT. Une « recombinaison
et reconfiguration » de grande ampleur concernant 2000 salariés. Le détail de la réorganisation
sera présenté dans les CSE locaux mercredi 11 février, puis, ensuite aux salariés concernés.
Aucune mutation géographique contrainte ne sera effectuée.
Points divers :
- La société a touché 30,8 millions d’euros de subventions publiques.
- Projet d’externalisation des magasins logistiques : aucune décision n’a été prise, affaire
à suivre.
- Le programme F10x accuse des retards, pour diverses raisons internes et externe
(problème avec des sous-traitants).
- Télétravail : Hostile à cette pratique, M. Trappier affiche la couleur : « s’il fallait arbitrer,
je l’arrêterais immédiatement ».
- Sous-traitance : M. Segalen ne tourne plus autour du pot et affirme que la sous-traitance
coute cher à l’entreprise et n’est pas efficace. Les établissements qui sous-traitent le plus
sont les moins performants.
Après le départ du PDG en fin de matinée, M.Segalen a repris ses bonnes vieilles habitudes et
nous a sorti ses larmes de crocodile : « la situation est difficile, les compagnons sont trop
chers, les ingénieurs sont trop chers, les équipiers gagnent trop, le bureau d’étude n’a plus
de travail, bla bla bla, tout va mal, la sous-performance est partout, la situation est tragique
etc etc … » comme d’habitude à la veille des NAO !
Conclusion CGT
Pour la CGT, la situation de l’entreprise reste excellente et nous permet d’être exigeants sur
toutes nos thématiques. Plus de 9 milliards d’euros dorment en Trésorerie et plusieurs centaines
de milliers d’euros seront encore distribués bientôt aux actionnaires…
Salaire, Emploi, Temps de travail, … la direction générale a les moyens de récompenser
très largement les efforts fournis par les salariés ces dernières années.
Les hausses de salaires doivent permettre d’augmenter notre pouvoir d’achat, d’améliorer notre
niveau de vie. Le premier chiffre de +0,7% évoqué par madame Guillemet lors de la première
réunion NAO « Bilans et statistiques » est loin de répondre à cette attente !
Dans les années 70, alors que le contexte industriel de fortes cadences était le même
qu’aujourd’hui, les ouvriers Dassault étaient les mieux payés de France. Un salaire permettait
de faire vivre une famille entière…chose impossible aujourd’hui, alors que les profits ont
réellement explosé !


