Monsieur le Directeur, nous vous avons sollicité la semaine dernière afin d’évoquer des problèmes récurrents sur certains programmes internes à notre établissement.
En effet, les salarié-e-s de votre établissement sont de plus en plus nombreux à nous faire part d’actes hiérarchiques défaillants.
Un chef qui dénigre un membre de son équipe voire un chef de service qui traite de haut tout ce qui, de près ou de loin, lui paraît « inférieur ». Ce petit pouvoir qui monte à la tête, qui semble autoriser toutes les dérives, est encore plus visible lorsque les salariés sont des femmes — et plus encore lorsqu’il s’agit du personnel sous-traitant.
Les difficultés de certains chefs de service à suivre des plannings théoriques sur des fichiers Excel ne peuvent pas se régler en méprisant, en accusant celles et ceux qui travaillent sous leur autorité. Cela permet, d’éviter d’assumer ses propres responsabilités, mais à la longue cela crée un climat détestable et freine le travail de tous.
Ce climat d’accusations et de méfiance est renforcé par le népotisme, qui permet à certains d’accéder à des postes de N+1 simplement parce qu’ils partagent les mêmes jugements — ou plutôt les mêmes préjugés — sur celles et ceux qui exécutent les tâches de production et n’ont aucun pouvoir hiérarchique.
Résultat : la hiérarchie se protège, se verrouille, et ce que vivent les salarié·e·s ressemble de plus en plus clairement à du harcèlement organisé.
Quant aux malpolis, aux dragueurs insistants, à tous ceux qui pensent que leur grade les autorise à tout : qu’ils sachent que rien ni personne ne les protège sauf peut-être leur hiérarchie. Les salarié·e·s voient très bien ce qui se passe.
Les mécanismes de protection interne contribuent à la reproduction de ces situations, entravant l’égalité de traitement et favorisant un climat de travail délétère, contraire à l’obligation de sécurité de l’employeur prévue à l’article L.4121-1 du Code du travail.
Il est rappelé que le statut hiérarchique n’exonère en rien de la responsabilité individuelle et pénale. Aucun grade ne confère un droit à l’abus. Les faits sont observés, consignés, et pourront être établis.
De fait, la CGT accompagnera toute salariée ou salarié victime ou témoin de pressions, d’humiliations ou de comportements inappropriés dans la constitution de dossiers, l’exercice du droit d’alerte, les démarches devant le CSE, l’inspection du travail et, le cas échéant, les juridictions compétentes.
Nous réfléchissons aujourd’hui à voter en CSE l’intervention d’une société extérieure compétente dans l’analyse des relations et organisations de travail.