Lors de la réunion avec le PDG, la CFDT se félicite d’avoir proposé un talon de 30 €, alors même que ce dernier réclamait initialement 80 € dans le cadre des NAO 2026. Pourtant, ils communiqueront sans doute largement en affirmant que c’est grâce à eux que ces 30 € ont été obtenus.
La réalité est plus nuancée : nous sommes face à des négociations au rabais. Oui, certains considéreront qu’une augmentation, même limitée, reste positive.
Mais beaucoup constateront également qu’il était possible d’obtenir davantage.
Revendications de Organisations Syndicales au début des NAO :
CFDT : AG 2% mini 80€, AI 1% hors ancienneté mini 80€, 1% contrat Rafale Inde CGC : AG+AI 3%, 1,14% contrat Rafale Inde UNSA : AI 3,2% CGT : AG 5% mini 104€, AI 3% hors ancienneté mini 104€, 1% inégalité salariale F/H
Et comme chaque année, la Direction Générale balaie l’essentiel des revendications des Organisations Syndicales d’un revers de main pour ne concéder que le strict minimum. Des miettes.
Dernières propositions :
- Classif A-E : AG 0,7% mini 30€, AI 1,3%
- Classif F-G : AG 0%, AI 2,5%
- Grille mini salariale : + 0,7%
- Et Dixit le PDG 1% AG virtuelle à ce jour pour les classif A-G si scénario d’une signature d’un contrat Rafale Inde qui ne devrait pas être conclu avant 2027.
Chercher l’erreur ?
Le scénario est désormais parfaitement rodé : la Direction Générale impose son cadre, et les Organisations Syndicales sont poussées à négocier à la baisse leur revendication et à grappiller quelques centièmes, quelques primes, pour finalement entériner un accord bien loin des besoins réels des salariés.
La réalité est simple : les revendications initiales disparaissent au profit des propositions de la Direction Générale. Les salariés, eux, paient la facture.
À la CGT, nous refusons ce jeu de dupes. Nous portons des revendications justifiées par les bénéfices réalisés grâce au travail de toutes et tous. Négocier oui mais pas à n’importe quel prix.
Car lors de l’Assemblée Générale en mai, dirigeants et actionnaires se partagerons sans aucune conditionnalité à un contrat Rafale Inde :
- 371 Millions d’€ de dividendes (+1 Million d’€ par rapport à l’année dernière)
- 3,11 Milliards d’€ de rachat d’actions sur trésorerie (+1 Milliards d’€ par rapport à 2025)
Quand la Direction Générale se retranche derrière ses « chiffres » et refuse toute remise en question, il n’y a plus de dialogue social. Il y a une injonction à accepter.
Et pourtant, les faits sont là : en 2022 et 2023, ce ne sont pas les discussions en salle de réunion qui ont fait bouger les lignes, mais la mobilisation des salariés. Les débrayages ont imposé un rapport de force, et ont permis d’arracher 140 € de talon d’augmentation.
La leçon est claire : sans mobilisation, rien. Avec un rapport de force, des avancées.
La CGT a été la seule organisation à informer régulièrement les salariés, à appeler afin d’expliquer les enjeux et les raisons du refus des propositions insuffisantes de la Direction Générale.
Aujourd’hui, malgré un mécontentement partagé, certains syndicats ont choisi de signer, validant ainsi des augmentations insuffisantes, et ce, dans une période où l’entreprise en a largement les moyens et une hausse réelle du coût de la vie.
C’est un choix. Nous ne le partageons pas.
La CGT a donné la possibilité a tous les salariés d’exprimer leur insatisfaction face aux faibles propositions de la Direction. Malheureusement le nombre de salariés qui ont montré leur mécontentement, n’était pas suffisant pour imposer un rapport de force. La CGT remercie les salariés qui se sont mobilisés et ont refusé de se résigner.
Le message est clair : rien ne changera sans vous.
La CGT continuera à défendre les intérêts de l’ensemble des salariés, mais seule une mobilisation plus importante permettra d’obtenir une reconnaissance salariale à la hauteur de notre travail et des bénéfices que nous générons chaque jour.