Entre 2014 et 2023, plus de 37 000 décès ont été attribués aux conséquences de la chaleur en France, dont près de 7000pour le seul été 2022 et plus de 5 000 durant l'été 2023.
Depuis plusieurs semaines, les premiers épisodes de fortes chaleurs ont déjà provoqué plus de 2 000 décès, sans compter les décès survenus à domicile. Ces chiffres rappellent que les vagues de chaleur constituent désormais un risque majeur pour la santé publique et pour les
conditions de travail.
Les projections climatiques ainsi que les informations communiquées par les pouvoirs publics ne laissent aucune place au doute : les épisodes de chaleur extrême seront plus fréquents, plus longs et plus intenses. Il ne s'agit plus d'un phénomène exceptionnel, mais d'une nouvelle réalité à laquelle les entreprises ont l'obligation de s'adapter.
Dans ce contexte, la Direction ne peut plus se limiter à des mesures ponctuelles ou à une simple adaptation des horaires de travail. Elle a une responsabilité légale en matière de protection de la santé et de la sécurité des salariés.De nombreux secteurs présentent aujourd'hui des niveaux d'isolation thermique et des dispositifs de rafraîchissement inadaptés. Cette situation expose les salariés à des conditions de travail dégradées, crée des inégalités importantes entre bâtiments et nuit à la fois à leur santé, à leur sécurité et à leur capacité de travail.
Les études scientifiques démontrent que l'exposition à des températures excessives entraîne une diminution des capacités physiques et cognitives, une augmentation des risques d'accident, ainsi qu'une dégradation de la qualité du travail.
La norme NF X35-203 / ISO 7730 recommande une température de 20 à 22 °C dans les bureaux, de 16 à 18 °C dans les ateliers à activité modérée et de 14 à 16 °C pour une activité physique soutenue.
L'INRS considère qu'une température supérieure à 28 °C pour une activité physique ou 30 °C pour une activité sédentaire constitue un seuil d'alerte.
La CGT considère que la performance thermique des bâtiments constitue désormais un enjeu stratégique de santé au travail. Elle ne peut plus être traitée comme une question secondaire
ou renvoyée à de futurs arbitrages budgétaires.
Pour la CGT votre santé est primordiale, en conséquence, elle exige de la Direction :
- d'engager immédiatement un diagnostic technique global de l'ensemble des
établissements afin d'évaluer leur performance thermique ;
- de présenter au CSE un état des lieux précis des bâtiments les plus exposés ainsi qu'un
calendrier d'intervention ;
- de mettre en œuvre un plan pluriannuel d'investissement consacré à l'isolation, au
rafraîchissement et à l'adaptation des bâtiments aux évolutions climatiques ;
- d'associer les représentants du personnel à toutes les étapes de ce plan afin de garantir une prise en compte effective des conditions de travail des salariés.
La protection de la santé des salariés n'est ni une variable d'ajustement ni une dépense facultative. C'est une obligation de l'employeur et une exigence qui doit désormais se traduire par des décisions concrètes, des moyens financiers identifiés et un calendrier de réalisation.