La société Dassault a commandé, selon ses propres critères, sans associer les organisations syndicales, un rapport au cabinet LHH sur l’égalité femmes-hommes pour 2025. Comme chaque année, celui-ci conclut à l’absence d’écart salarial significatif entre les femmes et les hommes. Pourtant en lisant les données fournit par ce rapport on ne partage pas la même conclusion auto-satisfaisante de la direction.
Ce que dit le rapport, en chiffres :
- Sur 9 804 salariés en CDI : 20% de femmes (1 961) et 80% d’hommes (7 843). Une légère hausse des femmes, mais toujours minoritaires.
- Âge médian : 41 ans pour les femmes, 44 ans pour les hommes.
- Ancienneté médiane : 6 ans pour les femmes, 10 ans pour les hommes.
- Femmes sont plus souvent cadres (72% vs 58% hommes), mais concentrées à 52% dans les classifications F11 et F12.
Le rapport prend en compte le salaire de base + prime d’ancienneté pour les classifications B à E. Problème : la comparaison salariale doit se faire par tranche à pourcentage de prime d’ancienneté comparable entre femmes et homme et non par un mélange de ceux-ci.
Une analyse juste et transparente doit comparer ce qui est comparable !
Comment le rapport « cache » les inégalités :
- Moins de 5 femmes + 5 hommes par catégories = pas de calcul
- Ecart salarial femmes-hommes inférieur à 5% = « pas discriminante » par conséquence inégalités effacées !
Exemples concrets du rapport pour toute famille et toute population :
- Classification C5 : écart salarial de -9,2% en défaveur des femmes !
- Classification D7 : écart salarial de -6,5% en défaveur des femmes !
- Classification F12 : écart salarial de -3,3% en défaveur des femmes !
- Classification G14 : écart salarial de -4,4% en défaveur des femmes !
Ces écarts salariaux annuels pénalisent lourdement les femmes :
- Moins de revenus.
- Moins de cotisations sociales par conséquent moins de cotisation retraite.
- Moins de primes de participation et d’intéressement.
La renégociation de l’accord égalité professionnelle Femme/Homme sera l’occasion pour la CGT d’obtenir des avancées notamment sur :
- Le calcul des écarts salariaux à partir de 3 et non 5 salariés (plus de transparence : légale et possible)
- Comparaison salaire de base avec prime d’ancienneté identique entre F et H
- Amélioration des taux de promotions femmes.
Négociation le 2 juin : obtenir des avancées notamment l’égalité salariale réelle, le congé de santé hormonale (précédents tract CGT)