Déclaration des élus CGT Réunion NAO Salaire du 26 mars 2026

26/03/2026


Madame Guillemet,

Lors de la précédente réunion, la CGT vous a interrogé au sujet du salaire net des ajusteurs C5 nouvellement embauchés. Vous voyant dans l’incapacité de répondre, nous nous demandons comment pouvez-vous prétendre piloter une politique salariale sans connaître parfaitement la réalité des salaires pratiqués dans l’entreprise !

Cette réalité crue met en lumière le peu d’intérêt que vous portez réellement aux salariés et à leurs conditions de vie.

Nos revendications, pourtant légitimes, puisque débattues et élaborées dans l’intérêt des salariés mais aussi de la pérennité de l’entreprise, sont balayées en quelques minutes par vous et vos assistantes. Pour la CGT, c’est inacceptable !

Nous connaissons bien mieux que vous la vie des salariés des usines, et elle n’est pas aussi rose que vous l’imaginez, perchée sur votre belle terrasse du 4ème étage à St Cloud !

La flambée du gasoil enflamme actuellement toutes les discussions. Le prix du gaz commence à inquiéter aussi… et si personne n’évoque encore les prix de l’alimentaire, nous savons déjà tous ici qu’ils suivront inéluctablement la même voie !

Dans ce contexte, la manière dont vous menez les négociations, madame Guillemet, n’est pas digne d’une entreprise comme Dassault-Aviation, riche d’une histoire sociale historiquement novatrice.

Les élus CGT ne vivent pas dans une bulle et nous savons tous très bien ce qui se pratique ailleurs, en moins bien parfois certes, mais aussi parfois en mieux !

Dans ce registre, où Dassault pourrait donner l’exemple, nous pourrions citer de nombreuses entreprises dans lesquelles les négociations se déroulent tout autrement : montant des augmentations individuelles minimales négociées, talon pour l’AG négocié, détails sur les AI versées à chacun… Faire mieux que vous, madame Guillemet, n’apparaît pas difficile !

L’argent pour répondre aux revendications de la CGT existe, c’est même nous, les salariés, qui le créons !!!

Le milliard de bénéfice généré en 2025 permettrait une politique sociale ambitieuse très différente… et même sans toucher un seul centime de ce « pactole ». Nous vous rappelons que les intérêts générés par la trésorerie, seuls, rapportent près de 200 millions d’euros par an… largement de quoi financer la hausse des salaires de 100 euros revendiquée par la CGT, qui ne représente au final que 13 millions d’euros (10 000 salariés x 13 mois x 100€). Une goutte d’eau !

Le problème n’est pas économique : il est politique ! C’est un choix délibéré de la direction générale de ne pas redistribuer les richesses que nous créons collectivement, et vous l’assumez personnellement.

La CGT, ne souhaitant toutefois pas rompre le dialogue, et faisant de la négociation un point d’orgue, fait aujourd’hui un pas vers vous, pour rapprocher nos revendications de vos propositions, et vous annonce donc une baisse significative de sa revendication concernant le plancher des augmentations générales et individuelles, en les diminuant de 105 à 104€.

Pour finir, la CGT vous alerte : mépriser les salariés ne dure qu’un temps, vous avez pu le constater en 2022 !!!

 

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